Alors que des bruits de couloir font état d’une convocation de Corneille Nangaa à Kigali pour clarifier sa position sur le retrait des troupes, l’incertitude plane sur l’avenir de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Entre pressions diplomatiques et velléités d’expansion, le coordonnateur de l’AFC semble jouer une partition complexe, loin d’une logique de reddition.
Selon certaines indiscrétions, à prendre au conditionnel faute de confirmation officielle, Corneille Nangaa aurait été convoqué par ses soutiens à Kigali. L’ordre du jour porterait sur deux points sensibles : l’exigence d’une clarification sur le flou entourant le retrait des zones occupées et, plus surprenant, une demande de restitution d’équipements militaires.
Si ces informations s’avéraient exactes, elles traduiraient une volonté du Rwanda de se distancier d’un allié devenu trop encombrant ou trop autonome, alors que la pression internationale (notamment américaine) s’intensifie sur le régime de Kigali pour qu’il cesse son soutien aux rebelles en RDC.
Malgré les annonces de façade, plusieurs indicateurs sur le terrain et dans son discours suggèrent que l’ancien président de la CENI reste ancré dans une posture offensive :
Bien que l’AFC/M23 ait annoncé un retrait d’Uvira en décembre dernier sous pression de Washington, Kinshasa et plusieurs observateurs parlent d’une mascarade. Le mouvement n’a jamais quitté les hauteurs stratégiques environnantes, utilisant ce « repli » pour se réorganiser plutôt que pour libérer réellement le territoire.
Dans ses récentes sorties, Nangaa a durci le ton. Il ne parle plus de défense des minorités (rhétorique habituelle du M23), mais de renversement de régime. En affirmant que son objectif final est Kinshasa et en appelant les FARDC à la défection, il s’enferme dans une logique de conquête totale incompatible avec un processus de désengagement.
L’arrestation récente d’officiers supérieurs dans le Katanga, accusés de recruter pour l’AFC, démontre que Nangaa cherche à ouvrir de nouveaux fronts. On n’ouvre pas des réseaux de recrutement dans le sud du pays si l’on s’apprête à rendre les armes dans l’Est.
Si Kigali exige réellement la restitution d’armes, Corneille Nangaa se retrouverait dans une position de vulnérabilité extrême. Son alliance avec le M23 est purement opportuniste ; sans le soutien logistique rwandais, l’AFC ne serait qu’une coquille politique vide.
Le « flou » entretenu par Nangaa sur le retrait est sans doute sa seule monnaie d’échange. En restant ambigu, il tente de maintenir la pression sur Kinshasa tout en espérant que le vent diplomatique tournera. Mais si le « parrain » rwandais décide de fermer le robinet, la « révolution » de Nangaa pourrait s’éteindre aussi vite qu’elle a commencé.
Rédaction










Laisser un commentaire