Dans un communiqué officiel daté du 5 octobre 2026, le Bureau de l’Assemblée nationale de la RDC exige désormais des députés nationaux la transmission des preuves matérielles (photos, vidéos, coûts financiers) de leurs réalisations en circonscription d’ici le 15 octobre. Cette initiative, à première vue administrative, s’apparente à un coup de pied dans la fourmilière politique.
Pendant des années, certains élus se sont affranchis de leurs devoirs : vacances parlementaires snobées ou opportunités d’autopromotion douteuse. Plus grave encore, la récupération politique d’infrastructures financées par l’État, des bailleurs de fonds ou des partenaires humanitaires était devenue monnaie courante, plusieurs élus s’attribuant abusivement des projets publics face à des bases électorales peu informées.

En exigeant une traçabilité précise, coût financier, nature de l’ouvrage et origine des fonds, la Chambre basse place les élus devant le fait accompli. La démarche perturbe le confort de ceux qui préféraient entretenir le flou. Face à cette injonction de transparence, la confusion gagne le camp des politiciens habitués aux promesses sans suivi.
Au-delà de la contrainte, cette mesure revêt une dimension pédagogique et éthique indispensable. Elle réintroduit une forme d’hygiène et de moralisation de la pratique politique, tout en rétablissant le lien de confiance effrité entre le citoyen et ses représentants.
Toutefois, la portée réelle de cet effort dépendra du contrôle effectif de la véracité des pièces fournies par les députés. Là-dessus, tout dépendra de la mesure de la rigueur du Bureau Boji. Il annonce la sortie des sentiers battus, mais jusqu’où iront-ils ?
Aly Bukasa Kabambi











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