L’escalade politique et militaire franchit un nouveau palier dans l’est de la République démocratique du Congo. Après l’officialisation de la prise de tête du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila, structure succédant à la coalition AFC/M23, le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S) a réagi de manière inattendue.
Sukisa Ndayambaje, coordonnateur provincial du PDDRC-S au Nord-Kivu, a affirmé : « Le moment venu, nous allons démobiliser Joseph Kabila parmi les autres combattants ». Une déclaration ambiguë qui surprend dans ce contexte de guerre ouverte avec Kinshasa.
Cette posture du PDDRC-S soulève d’importantes questions stratégiques pour les deux camps :
* Pour le gouvernement central (Kinshasa) : Cette déclaration pourrait servir principalement de levier de communication et de délégitimation. En assimilant Joseph Kabila à un simple « combattant à démobiliser », Kinshasa réduirait l’ancien chef d’État au rang de chef de milice ordinaire. L’initiative réaffirme l’autorité théorique des institutions de la RDC et tente d’affaiblir l’aura politique de l’ex-président auprès de la population.
* Pour le Front pour la refondation de la nation (FRN) : À court terme, cette annonce renforce la posture d’opposant radical du mouvement. Toutefois, en cas d’enlisement ou de négociations futures (à l’image des pourparlers régionaux), une fenêtre d’amnistie ou d’intégration institutionnelle via un processus de DDR pourrait servir d’échappatoire politique et sécuritaire à la direction du FRN.
Alors que le calendrier et les modalités d’une telle démobilisation restent flous, la tension sur le terrain ne cesse de croître.
Aly Bukasa Kabambi











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