Le compte à rebours est lancé, mais les horloges de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) semblent grippées. Dans son dernier rapport de monitoring, la centrale électorale dresse un constat alarmant : sans une réaction immédiate du gouvernement, le respect du rendez-vous constitutionnel de 2028 est « fortement hypothéqué ».
Denis Kadima, président de la CENI, pointe du doigt un triptyque de crises qui paralyse la feuille de route publiée en avril 2025.
1. Le gouffre financier
Alors que l’enrôlement des électeurs devrait battre son plein, les fonds ne suivent pas. Moins de la moitié du budget de fonctionnement et d’investissement alloué pour l’exercice précédent aurait été décaissée. « On nous demande de courir un marathon sans nous donner de chaussures », confie une source interne à la Commission.
2. Des infrastructures en cendres
Le traumatisme de l’incendie de novembre 2025 à Kinshasa pèse encore lourd. La perte de plus de 8 000 machines à voter et de kits d’enrôlement n’a toujours pas été compensée par de nouvelles commandes internationales, faute de garanties bancaires de l’État. À cela s’ajoutent des actes de vandalisme signalés dans plusieurs antennes provinciales, affaiblissant le maillage territorial de l’institution.
3. L’impasse sécuritaire à l’Est
Avec de vastes zones du Nord-Kivu toujours sous l’emprise de groupes armés, la CENI se trouve dans l’incapacité technique d’identifier les électeurs. Le risque ? Des élections « à deux vitesses » ou une exclusion de pans entiers de la population, scénario politiquement explosif.
Pour l’opposition, ces alertes de la centrale électorale ressembleraient à une préparation psychologique de l’opinion à un futur report. Du côté de la société civile, on appelle à un « sursaut patriotique » pour auditer les moyens restants et prioriser le financement des scrutins.
Si la CENI n’utilise pas encore officiellement le mot « impossible », le message est clair : le calendrier de 2028 ne tient plus qu’à un fil.
Rédaction










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