Avec 16 155 détenus pour 1 500 places, la prison centrale de Makala dépasse dix fois sa capacité. Le ministère de la Justice a suspendu provisoirement ce mercredi l’admission de nouveaux prisonniers, invoquant des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires.
La mesure intervient six jours après une visite du ministre Guillaume Ngefa. Le directeur de la prison y avait évoqué 16 238 détenus. Le ministre a rappelé qu’ils étaient environ 8 000 à sa prise de fonctions, avec un budget inchangé.
Des libérations sont en préparation. Le directeur et le médecin de la prison doivent évaluer quels détenus peuvent sortir pour raisons humanitaires, sur la base de rapports médicaux. Le procureur général a déjà libéré symboliquement quelques-uns des 108 détenus identifiés.
Ce n’est pas une première. Le 14 février, une interdiction similaire avait été décidée pour endiguer une épidémie de choléra, qui avait fait cinq morts. Le procureur général avait alors ordonné la libération de 125 détenus en détention irrégulière. Neuf mois plus tard, la population carcérale a pourtant atteint un niveau record.
La société civile alerte depuis longtemps. La Fondation Bill Clinton pour la Paix recommandait en novembre d’accélérer le traitement des dossiers et de construire de nouveaux bâtiments. En 2024, le ministère avait promis une nouvelle prison pour remplacer celle de Makala, bâtie en 1957, mais le Conseil supérieur de la magistrature avait rejeté l’arrêt des transferts de détenus.
Plusieurs questions restent ouvertes : la durée de la mesure, les lieux de détention alternatifs, la réaction des magistrats et le calendrier de la nouvelle prison.
Rédaction










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