Quelques heures après le conclave de Rome, la Coalition Article 64 (C64) affiche ses premières lignes de fracture. Dans un communiqué daté du 28 octobre à Kinshasa, treize membres de sa Conférence des présidents, dont Jeannot Lompempe, Jean-Claude Kibala, Emery Okundji et Ados Ndombasi, reprochent au Présidium d’avoir outrepassé ses prérogatives.
Selon eux, le Pacte de confiance fait de la Conférence l’organe décisionnel. Le Présidium ne pourrait donc pas engager seul la coalition sur une initiative stratégique. Ils s’opposent aussi à l’idée d’une médiation entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, qui, disent-ils, s’écarte de la mission fondatrice : défendre l’ordre constitutionnel. Ils renvoient cette médiation à un dialogue national inclusif facilité par la CENCO-ECC, l’Union africaine et la communauté internationale.
Les cinq figures du Présidium (Fayulu, Katumbi, Kabund, Sesanga, Matata Ponyo) se réunissaient pour la première fois en présentiel, alors que Joseph Kabila a pris la tête, le 12 octobre à Goma, du FRN, mouvement politico-militaire qui absorbe l’AFC/M23. Faute de position commune sur ce mouvement, la C64 était pressée de clarifier sa ligne, y compris par le porte-parole du gouvernement. Elle entendait se positionner comme une « troisième voie » entre Kinshasa et le FRN.
Pour les signataires, il s’agit de respecter la collégialité et d’éviter une dérive de mission : une médiation avec Kabila pourrait brouiller l’image d’une coalition née contre un troisième mandat. Du côté du Présidium, on peut défendre qu’une coalition large doit agir vite face à la montée du FRN et que l’ouverture d’un canal de dialogue relève d’une logique politique, non d’un abus. Faute de texte accessible, la position du Présidium n’a pas pu être vérifiée, et il n’a pas encore réagi publiquement, à notre connaissance.
L’enjeu dépasse la procédure. Réunie depuis mai autour d’une ligne simple, la C64 doit désormais trancher des questions plus clivantes : sa relation avec Kabila, sa place dans le dialogue national et sa cohérence interne. Le communiqué exige aussi la libération de Marley Vuvu, Prince Epenge et Stéphane Shiso, point sur lequel l’unité reste intacte.
Rédaction










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