Les rebelles du M23 ont perçu au moins 3 millions de dollars de taxes sur les importations de bière à Bukavu, d’après un rapport de l’Institut danois d’études internationales (DIIS). Dans un conflit surtout associé aux minerais, la bière s’impose comme une source de revenus inattendue.
Le DIIS décrit un régime de taxation centralisé et bureaucratique, avec des reçus et des prélèvements systématiques sur les corridors contrôlés par le M23. Le rapport estime que la bière montre comment des chaînes de consommation éloignées de la guerre s’y retrouvent directement impliquées.
Selon l’étude, le mouvement favorise les brasseries rwandaises tout en étouffant leurs concurrentes burundaises. Ce déséquilibre s’inscrit dans un marché déjà bouleversé : après l’entrée des rebelles à Bukavu en février 2025, les entrepôts de la brasserie Bralima ont été pillés, menaçant plus de 1 000 emplois. Les bières congolaises sont devenues rares et chères, ce qui a favorisé les importations voisines.
Selon Jeune Afrique, l’ex-AFC/M23 est devenu le Front pour la refondation de la nation (FRN) le 12 octobre 2026, sur l’impulsion de Joseph Kabila. Le groupe contrôle Bukavu depuis février 2025. Kigali a toujours nié soutenir militairement le mouvement, malgré les accusations de Kinshasa et de plusieurs partenaires internationaux.
Cette enquête illustre la sophistication de l’économie de guerre dans les Kivus, où chaque flux commercial, même le plus banal, peut devenir une source de financement pour les groupes armés.
Aly Bukasa Kabambi










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