Le ministère de la Justice et le Service national préparent une coopération inédite pour transformer le système pénitentiaire congolais. Réunis jeudi à Kinshasa, le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et le Commandant du Service national, le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, ont posé les jalons d’un partenariat ciblant la réinsertion socioprofessionnelle des condamnés et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Au cœur de cette initiative figure la vision d’une « prison-école ». S’inspirant du modèle de Kanyama-Kasese, le gouvernement souhaite offrir aux personnes condamnées des formations aux métiers de l’agriculture, de l’élevage et de la construction afin d’anticiper leur retour dans la société et réduire la récidive.
Pour garantir le respect du cadre légal et des droits humains, une étude juridique préalable identifiera les profils de détenus éligibles et définira les autorités compétentes, sans transfert de pouvoir judiciaire au Service national. Par ailleurs, une évaluation du parcours des anciens prisonniers de Makala déjà intégrés aux programmes du Service national permettra d’affiner ce dispositif.
Ce partenariat vise également à résoudre la crise alimentaire dans les prisons. Le Service national, fort de ses 40 000 tonnes de maïs produites cette année et de son cheptel de 10 000 têtes de bétail, pourrait approvisionner directement les établissements pénitentiaires. Une étude technico-financière fixera les modalités de cette livraison pour garantir la traçabilité des denrées et la bonne gestion des deniers publics.
La question du statut des 4 500 « bâtisseurs » engagés dans l’assainissement de Kinshasa a aussi été abordée afin d’assurer leur protection juridique. Une réunion technique établira prochainement une feuille de route commune pour formaliser cet accord.
Rédaction










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