La nomination d’un chef de secteur intérimaire à Kisengua, dans le territoire de Lubao (Province de Lomami), cristallise les tensions. Entre contestations citoyennes, soupçons d’ingérence politique et appels au calme, la région replonge dans ses vieux démons administratifs.
La situation est entrée dans une phase critique dans le secteur de Kisengua. À l’origine de cette surchauffe : la désignation provisoire d’un nouveau chef de secteur chargé d’assurer l’intérim.
D’un côté, les partisans de cette décision y voient une mesure administrative nécessaire pour assurer la continuité de l’État et la gestion des affaires courantes en attendant des solutions définitives. De l’autre, le camp adverse conteste vigoureusement cette nomination. Jugeant la mesure illégitime ou biaisée, les contestataires mènent une campagne active de résistance, refusant de reconnaître l’autorité du responsable temporaire.
Signe de ce bras de fer, la journée du 3 juin 2026 a servi de thermomètre à la colère locale. Initialement planifiée comme une opération « ville morte », la mobilisation s’est finalement muée en une marche pacifique à travers les artères de Kisengua pour exprimer le rejet de cette nouvelle équipe.
Cependant, derrière ce mouvement populaire, les avis divergent sur les réelles motivations des acteurs :
La thèse de la manipulation. Des sources locales sous couvert d’anonymat affirment que la population serait instrumentalisée. Elles pointent du doigt certaines autorités provinciales, accusées d’alimenter les dissensions en sous-main pour préserver des intérêts géopolitiques ou personnels.
La thèse du ras-le-bol organique : Pour les manifestants et les leaders de la contestation, il s’agit d’une réaction spontanée et légitime contre ce qu’ils qualifient de « diktat » ou d’imposition administrative ne respectant pas les réalités ou les équilibres locaux.
Face à ce face-à-face tendu, de nombreux observateurs redoutent une dérive violente. La crainte générale est de voir Kisengua basculer dans des affrontements sanglants, à l’image des tragiques événements qui avaient endeuillé la localité de Bena Mpaza, une autre entité de la province de Lomami.
Le cas de Kisengua ne semble pas isolé. Il s’inscrit, selon plusieurs analystes, dans un climat politique provincial particulièrement instable. La province de Lomami est actuellement secouée par une vague de suspensions de dirigeants locaux et de cadres administratifs.
Ces sanctions, souvent jugées par une opinion publique comme dénuées de fondements clairs ou de motivations objectives, amplifient le climat de méfiance envers les institutions provinciales. La gestion de la chose publique se retrouve ainsi au cœur des critiques, exacerbant les conflits de pouvoir à la base.
Face au risque imminent de dégradation sécuritaire, les regards se tournent désormais vers Kinshasa. Plusieurs notables et observateurs de la scène politique de Lubao appellent à une intervention urgente et impartiale du gouvernement national et du ministère de l’Intérieur pour arbitrer ce conflit et restaurer une paix durable à Lubao.
Rédaction











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